Nathalie Buschor
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Deux livres, une forêt fraîche – et la question de savoir comment sauver le monde

15 juillet 2026

L'été. Des forêts fraîches. Le chant des oiseaux. Et deux livres qui ne me quittent plus.

« Der Plan zur Rettung der Welt » (Nick Fuller Googins) imagine un avenir après la grande crise climatique. L'humanité a certes réussi le tournant – mais seulement après d'énormes pertes et de profonds bouleversements sociaux. Le roman demande combien de changement est nécessaire pour sauver le monde, et qui est prêt à en payer le prix.

« Was wir wissen können » (Ian McEwan) porte au contraire un regard plus attentif sur notre présent : sur tout ce savoir déjà disponible depuis longtemps, sur les signaux d'alarme, le déni et les mécanismes par lesquels les individus et les sociétés repoussent sans cesse l'action pourtant nécessaire.

Le premier livre montre un demain possible. Le second demande pourquoi nous n'agissons pas aujourd'hui avec plus de détermination. Tous deux évoluent entre les faits et l'intensification littéraire – et tous deux sont d'une proximité effrayante avec la réalité.

La Suisse non plus n'est pas une île : nos glaciers reculent, les étés de canicule se multiplient, les forêts et les écosystèmes subissent une pression croissante. En même temps, nous faisons partie des pays à très forte consommation de ressources et nous disposons du savoir, de l'argent et des moyens politiques pour changer réellement les choses.

La chanson « On n'a qu'une terre » du rappeur suisse Stress s'y accorde bien. Il y anticipe le regard de nos enfants et pose la question douloureuse :

Cette question m'habite.

Je n'ai pas de grandes réponses. Mais je crois que le changement commence souvent à petite échelle. J'essaie de consommer plus consciemment, de ne pas gaspiller la nourriture, de prendre soin de la nature, de ne laisser aucun déchet, de mettre de l'eau à disposition des animaux quand il fait chaud, de garder mon empreinte écologique aussi réduite que possible et de prendre des décisions qui pèsent un peu moins sur les êtres humains, les animaux et l'environnement.

Cela ne sauvera pas le monde à soi seul.

Mais c'est peut-être précisément là que tout commence : ne pas attendre que « les autres » agissent, mais commencer là où nous pouvons nous-mêmes faire une différence.

Lorsque je referme ces livres et que je marche à travers une forêt fraîche, je ne ressens pas seulement de l'inquiétude. Je ressens aussi de la gratitude. Et le souhait que les générations futures puissent encore, elles aussi, découvrir cette beauté.